[FR] Ometepe et le volcan Maderas

[NICARAGUA] Ometepe est une île située sur le lac Nicaragua (32m d’altitude), dans le pays du même nom.
Elle est constituée de deux stratovolcans, le Concepción, qui est actif (1700m) et le Maderas, qui est éteint (1400m).
Sa superficie est de 275 km². Au sommet du volcan Maderas, il y a un petit lac. On se retrouve donc avec un lac sur une ile dans un lac huhu.

Le mot “Ometepe” provient d’une langue aztèque, le nahuatl :
ome (deux) et tepetl (montagne).

J’ai passé une semaine sur Ometepe en aout 2015, c’est l’un de mes coins préféré sur terre pour son charme local, son environnement semi-sauvage à taille humaine et son isolement qui en font un endroit très intéressant à découvrir et ou se poser quelque temps.

Après avoir fui le Costa Rica (voir ici pourquoi), dans la file d’attente interminable de la frontière avec le Nicaragua (comprends qui peut), j’ai rencontré un gars (Raúl, un madrilène) avec qui j’ai voyagé pendant presque 3 semaine dans le pays.

Petite parenthèse sur San Juan del Sur

(Car j’ai la flemme de faire un article complet sur cette ville…)

On a commencé par aller à San Juan del Sur, c’est une petite ville en bord de mer avec de grandes plages parfaites, idéal pour le surf ou le skim ! C’est un chouette spot, bien qu’un peu trop touristique à mon gout, mais bon, contrairement au Costa Rica : Tout est super-ultra-cheap !
Du coup on peut se poser et profiter sans se ruiner !
Pour exemple on a dégusté un rhum “Flor de Cana” de 12 ans d’âge (je recommande ce rhum) qu’on a payé 2,5€ la bouteille, alors qu’en France elle coute 35€). Tout le pays affiche des prix de ce genre, auberges, transports, bouffe : Bref c’est le paradis haha !

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La plage de San Juan del Sur

Vu que c’est une ville très proche (géographiquement) du Costa Rica, on y croise encore pas mal de touristes, mais la tranche d’âge des voyageurs n’est plus du tout la même, la ça tape clairement sur la trentaine et plus ! C’est un peu comme la “ville frontière”, une fois qu’on l’a dépassée, on rentre vraiment dans le pays !
Néanmoins je préfère de loin avoir me poser ici que dans n’importe quelle autre ville balnéaire du monde.
On s’y est posé quelques jours, on y a rencontré un autre gars (Dan, un américain) avec qui on a poursuivi notre voyage en direction d’Ometepe !

Arrivée à Ometepe

On a eu un mal de chien a parvenir jusqu’à la ville de Rivas et son port (San Jorge) !

Les bus au Nicaragua sont une science approximative, il n’y a pas vraiment de gare, il faut faire coucou au chauffeur en se mettant sur le bord de la route, voir même carrément au milieu pour que le bus s’arrête. On a réussi a arrêter un bus, mais il n’allait pas la ou on voulait (pratique). Suite a ça, on a donc du s’entasser à 3 avec nos backpack dans un petit taxi dont la voiture affichait 650.000km au compteur. Yeah !

Bref, une fois sur le port, on a discuté un peu avec la capitainerie pour pouvoir prendre un bateau afin de rallier l’ile d’Ometepe.
Le seul bateau disponible alors était un vieux rafiot à moitié défoncé, rouillé et tout et hop, on était partis sur le lac !
La traversée nous à offert une merveilleuse vue sur l’île et ses deux volcans :

Le volcan Concepcion

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Une traversée a la roots comme je les aime ! Oui, ce bateau flotte !

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La team Ometepe ^^

Le vieux rafiot nous a déposé à Moyogalpa.
En mettant les pieds en dehors du bateau, une horde de locaux se sont jetés sur nous avec les éternels “taxi? hotels? taxi?”, ou qu’on aille on y échappe pas décidément… Mais contrairement à d’autres pays, ici la “horde” c’était juste 5 ou 6 personnes.
De plus on en a re-croisé aucun par la suite, ca change !

Après avoir fait quelques courses et trouvé une petite auberge pour la nuit a Moyogalpa, on s’est baladé un peu en ville, mangé un peu etc
Le lendemain, après avoir regardé une carte de l’ile, on a décidé de prendre un des quelques taxi pour aller au niveau de l’isthme reliant les deux volcans. Vu la localisation, ca paraissait être un bon spot pour explorer la zone de part et d’autre.

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Le village de Moyogalpa et la porte d’entrée du volcan Maderas, subventionné par l’Europe o_O ?

Nous sommes donc arrivés à Santo Domingo dans un petit hostel cheap au bord de la plage.
Il n’y a pas d’eau chaude sur l’ile, car le Nicaragua est un pays pauvre avec très peu d’infrastructures dans les endroits un peu reculés.
Par contre le lac Nicaragua, est un lac d’eau douce, tiède et peu profond, donc quand on veut se doucher, bah on embarque sa trousse de toilette à la plage et plouf ! (En utilisant bien sur un savon biodégradable, car les produits du commerce ont tendance à polluer pas mal quand même).

En plus c’est marrant, pendant qu’on prends sa “douche” dans le lac, au coucher du soleil, avec la vue sur le volcan, il y a quelques poissons qui parfois vous passent entre les jambes.
La meilleure douche du monde !

Bref, les quelques jours qui ont suivi ont été a base d’exploration des différents villages, de la cuisine locale (faut aimer le poulet, sinon vous êtes dans la merde), de jeux de cartes, de glandouillage sur la plage, de randonnée, de vélo… On à aussi loué des scooters (15€ par jour essence comprise, cheap quoi !) pour faire le tour de l’île en s’arrêtant un peu partout.
Bref on a exploré l’ile en long en large et en travers !

Concernant les routes, bah il n’y en à que 2 qui sont en “dur” tout le reste c’est du chemin de terre amélioré (ou pas). D’ailleurs c’est assez marrant, les 2 routes ne sont pas en bitume, mais composées de centaines de milliers de dalles.
Je n’ai trouvé aucune explications sur le sujet, donc si quelqu’un sait pourquoi, je suis preneur !

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Une route en dalles…

Le volcan Maderas

Tant qu’â être la bas, entouré de deux volcans imposants, je me suis dit qu’il fallait au moins que j’en gravisse un !
J’ai choisis le Maderas, le moins haut des deux, en partant du principe que le panorama sur le reste de l’ile et sur le Concepcion serait plus intéressante. Et puis la perspective de gravir en solo un volcan en activité ne n’enchantait pas trop.
Ca parait pas bien haut comme ca, mais je peux vous garantir que ca grimpe sévère quand on y est :
L’altitude du lac est de 32m et que le Maderas s’élève à 1400m, le dénivelé était quand même bien costaud avec une inclinaison de 35° en moyenne.
Niveau cardio ça a bien donné ^^

Au début de la randonnée, il y a un petit sentier qui part d’un petit hotel “El porvenir“, puis le sentier s’enfonce dans la jungle, ça commence a monter doucement, puis ça empire de plus en plus. Le sommet est pratiquement tout le temps dans les nuages, il se dégage parfois mais c’est très rare.
Donc une fois à mi hauteur, on est dans le nuage !

L’ascension commence…

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L’inclinaison…

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A un tiers du Maderas, vue sur le volcan Concepcion…

A environ la mi-hauteur, on rentre dans le nuage et le sentier se transforme en “mud day”, mais avec un dénivelé proche de 45° !
Ca patauge à mort dans la gadoue, il y a une légère pluie qui n’arrange rien, le sentier est hyper accidenté… Bref c’est hardcore !
J’ai croisé quelques gens en cours de route, tous aussi crados que moi jusqu’aux genoux, c’est dans ce genre de moment ou on se dit “Broaf, de toutes façon je pourrais pas être plus mouillé et salis que ca” alors je continue jusqu’au sommet…

Le sommet s’est trouvé être complètement dans les nuages et dans la forêt avec une brume épaisse, pas grand chose à voir… snif !

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Splotch !

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Mode guerrier [ON]

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Le sommet le plus pourris du monde hahaha

Du coup je suis redescendu, la même galère dans l’autre sens, youpi !
Mais dans la descente, plusieurs autres sentiers ont fait leur apparition, j’ai finis par me perdre, je pense ne pas avoir tourné la ou il fallait et au bout de quelques kilomètres, le sentier disparu dans la jungle… cool !
Mais bon, se perdre sur une ile de 10km de diamètre, c’est pas trop grave !

J’ai donc continué à descendre le volcan, jusqu’à arriver dans un champs de bananes et comme par hasard, une fois avoir traversé le champs, le soleil se pointait sur le sommet du volcan… raaaaah encore la chance quoi !

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Maderas… toi… ‘foiré !

J’ai traversé quelques petites clôtures et d’autres champs jusqu’a rencontrer un type avec une machette dans les mains.
J’adore ce genre de moment quand j’y repense, mais jamais trop quand je le vis :

“Je suis au Nicaragua, sur une ile, perdu sur les pentes d’un volcan, seul et il y a un type avec une machette devant moi…”

Mmmmmmmmmmouais……
Mais bon, sortons des clichés :
Le fermier était super sympa, il m’a même propose de boire un peu d’eau et m’a filé 2 bananes (petites, vertes et bonnes) !
J’ai discuté un peu avec lui, en espagnol bien sur (car oui au Nica, si vous ne parlez pas espagnol, inutile d’y aller, personne ne parle anglais)…
Il m’a indiqué comment rejoindre “El Porvenir”, mais j’allais devoir traverser d’autres champs, donc il s’est proposé de venir avec moi sur quelques centaines de mètres pour s’assurer que j’allais pas marcher trop sur les champs voisins.

Un autre bon point pour le Nica, c’est qu’on peut discuter très facilement avec les locaux, c’est quasiment naturel :
Il m’a dit s’appeler “Josépé” et qu’il s’était installé sur Ometepe depuis 3 ans pour cultiver des bananes, il venait de Matalalpa et cherchait un peu plus de quiétude et de sécurité.
Il se trouve que le Nica est un pays ou la sécurité est très relative selon la ou on vit. Certains villes sont assez dangereuse, comme Managua par exemple ou il vaut mieux pas être dehors passé 22h ; Mais sur une ile, tout est plus contrôlable, donc plus safe !
On a discuté aussi un peu de son pays, des problèmes et enjeux, du canal (j’y reviendrais plus bas) et de l’avenir touristique du pays.
Car le tourisme commence à peine au Nicaragua, il n’y a pas grand chose, tout est à faire !
En somme en 15mn de discussion j’ai appris pas mal de choses sur le pays !

J’ai continué mon chemin et j’ai fini par rallier “El Porvenir” pour rentrer à “Santo Domingo” à vélo et pouvoir aller prendre “une douche”.

Nous sommes resté 6 jours sur Ometepe, puis nous sommes partis vers Granada….
Mais ça, c’est une autre histoire :p

 

Conclusion

J’ai adoré Ometepe, tout comme j’ai adoré le Nicaragua, c’est vraiment une destination que je recommande, tant qu’elle existe encore !
En effet, ce petit paradis pourrait bientôt disparaitre à cause du projet du Canal.

Pour la petite histoire, le Nicaragua est un peu jaloux du succès du Panama et songe à construire deux canaux, un de chaque coté du Lac Nicaragua afin d’enrichir le pays de part le commerce maritime. Comme cela a été le cas avec le Panama.
Le Nica étant un pays pauvre, certains y voient déjà la manne financière providentielle pour booster l’économie du pays ; mais d’autres y voient (tout comme moi) un désastre écologique en perspective.

L’île d’Ometepe pourrait donc bientôt servir de port d’attache de super tanker et avec tous les risques environnementaux que représente un tel projet, c’est pas rassurant du tout ! C’est un sujet très sensible, mais aussi très discuté au Nicaragua.

Pour en savoir plus je vous encourage à lire cet article, qui décortique bien le problème :
http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20141224.OBS8622/le-canal-du-nicaragua-un-chantier-pharaonique.html

Voilà ! 
J’espère que cet article vous as plus, si vous voulez voir plus de photos du pays, c’est par ici que ca se passe !

N’hésitez pas à commenter 🙂

 

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